Entreprises françaises cherchent l’inspiration dans l’économie circulaire danoise

March 30, 2018

Début mars 2018, 15 femmes et hommes issus du monde de l’entreprise et des médias ont voyagé dans le Grand Nord pour une expédition spéciale dédiée à l’Economie Circulaire danoise. Au retour de cette expédition co-organisée avec Circul’R, Sparknews vous livre ses principaux apprentissages sur cette rencontre entre entreprises françaises et modèles danois. Vous pouvez également retrouver un article écrit par La Croix sur cette expédition.

 

1. Une économie circulaire n’a rien d’une utopie
 

Pour certains, ce voyage au Danemark a été l’occasion de découvrir “l’économie circulaire en vrai, et pas sur le papier.” Le pays semble en effet à la pointe de cette innovation: il s’agit du 1er pays au monde à avoir mis en place une politique réduction de sa consommation énergétique et dont la loi vise une réduction à 50% de tous les déchets d’ici 2022.

Cet objectif ambitieux ne serait pas réaliste si de belles réussites n’avaient pas déjà été observées dans l’éco-conception, le recyclage des matériaux ou la “symbiose industrielle”. Dans le quatrième pays le plus consommateur de café (8.7 kg par habitant), Kaffe Bueno innove en extrayant une huile anti-oxydante des résidus du café pour la cosmétique. Les Copenhaguen Towersqui surplombent le quartier de Ørestad ont été pensées du sol au plafond de manière circulaire. Le cabinet d’architect Lendager a réutilisé des cadrans de fenêtre en bois, du ciment du quartier et même les voiles en fibre de carbone de navires ayant concouru pour la Coupe de l’America. Dans la symbiose industrielle de Kalundborg, un partenariat public-privé allie huit acteurs dont la raffinerie Statoil, la centrale électrique d’Orsted, le producteur d’enzymes Novozymes, et la municipalité de Kalundborg où les déchets des uns deviennent les matières premières des autres. Vous pouvez en découvrir le schéma dans cet article de La Croix écrit dans le cadre de l’expédition.

 

Il y a de multiples applications concrètes de l’économie circulaire, et même si les participants à ce voyage reconnaissent que plusieurs étapes seront nécessaires avant d’arriver à un système complet: “de nombreuses entreprises y arrivent facilement, pourquoi pas nous ?”

 

 

2. L’économie circulaire est une problématique transverse aux secteurs économiques
 

Les huit entreprises qui ont choisi de participer à ce voyage d’étude varient en taille de la PME à la multinationale, et en secteur de l’Oréal à Total en passant par BIC, LVMH, la Camif, Armor, DSM ou encore le groupe Intermarché-Les Mousquetaires. Pourtant toutes partagent le même constat: le modèle économique actuel basé sur une vision linéaire est trop polluant et trop gourmand en ressources. Un nouveau modèle est donc à inventer et implanter en commençant par les entreprises.

Pour cette transformation qui peut sembler titanesque, les cadres désireux de changer leurs entreprises apprécient de découvrir des acteurs danois engagés et innovants sur l’économie circulaire. Recevoir le témoignage de cadres dirigeants qui ont implanter des réflexions similaires il y a parfois plus de 30 ans est notamment un levier de changement. Engager une discussion avec eux sur leurs lieux de travail est bien plus enrichissant que de longues séances de power point. 92 tasses de café et 47 questions plus tard, les défis comme les opportunités ont été identifiées.

Echanger entre pairs sur les ambitions des politiques d’économie circulaire des entreprises de chacun et sur la dynamique collective ont également nourri les réflexions des participants. C’est d’ailleurs un des points forts de cette learning expedition à en croire une des participante, Géraldine Pinol de Total:

“C’était très utile d’échanger [..] avec les autres participants, car nous travaillons dans des entreprises et des secteurs très différents. Ça c’est vraiment un point très positif […] apprendre ensemble sur l’économie circulaire mais avec la vision et les problématiques d’autres entreprises”.

 
3. L’économie circulaire n’est pas (que) de la RSE
 

La transition d’une économie linéaire à circulaire n’a pas été uniquement motivée par des considérations écologiques. Des pionniers de l’économie circulaire se sont avérés n’être pas nécessairement “non économiques” avec des actions qui ne se veulent pas financièrement déficitaires. L’intérêt financier à se pencher sur le sujet semble aux participants plus facile à faire accepter des changements en interne.

La symbiose de Kalundborg a inspiré les participants de développer avec d’autres entreprises des partenariats. De cette découverte ont été jugés particulièrement marquant la culture de confiance et de réciprocité des différents acteurs ainsi que la complémentarité de leurs différentes activités commerciales. Travailler en écosystème est donc nécessaire pour réussir le changement d’économie. Chacun a donc exploré les pistes de collaboration possibles avec les autres entreprises participantes. De nombreuses pistes d’actions concrètes ont été abordées comme mieux connaître la chaîne de production ou évaluer la ré-utilisation possible des déchets.

 

Et pour finir sur les mots de Bénédicte Muller de BIC :

“Je ressors [de ce voyage de découverte] avec de nombreuses idées. D’abord des plans d’actions très concrets, qui sont venus à la fois d’inspiration que j’ai pu avoir en écoutant les intervenants, mais aussi d’échanges avec les autres participants. Ensuite, j’en ressors avec un réseau incroyable de personne et d’entreprises avec lesquelles on pourra concrètement mette ne place des choses. Et enfin, deux pistes d’actions très concrètes qui sont autour de la symbiose industrielle qu’on a vu à Kalundborg, qu’on pourra répliquer je pense au niveau local autour de nos usines BIC en Europe et dans le reste du monde, et des pistes de réflexion et solution autour de laviabilité financière du recyclage post consommateur de nos produits”

 

Un grand merci à nos intervenants ainsi qu’à nos participants Anne Laurence de Camif, Chloé Cibulka de LVMH, Gaëlle Bathany de DSM Bright Science Brighter Living, Laure Malherbe de L’Oréal Paris, Sophie Paviet Salomon du Groupe Les Mousquetaires, Bénédicte Muller de BIC, Pierre-Antoine Pluvinage et Boris Verié d’Armor, Martine Slawinski, Véronique Hervouet, Bruno Seilhan, Géraldine Pinol et Simon Crane de Total​, Marine Lamoureux de La Croix et Capucine Petre de Les Echos.

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